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Introduction au kagura de Takachiho, un art de la scène traditionnel


Article réalisé en partenariat avec l’Association Touristique de Takachiho

Si la commune de Takachiho est principalement connue pour ses somptueuses gorges et pour son bœuf wagyu, les férus de mythologie japonaise seront ravis de passer une nuit sur place pour assister au kagura de Takachiho, un célèbre rite artistique shintoïste, dont le village est le lieu d’origine.

 

Le kagura de Takachiho

Kagura, en kanjis  神楽, signifie “kami s’amuse” (un kami est une divinité ou un esprit vénéré par les shintoïstes). C’est un rite artistique consistant en une danse théâtrale accompagnée de musique traditionnelle de tambour et de flûte, jouée par 3 musiciens. La mise en scène, les costumes, le décors, et les objets traditionnels sont entièrement réalisés par les villageois.

Le kagura a pour objectif de remercier le kami qui demeure dans la sanctuaire shintoïste du village, pour la bonne récolte de l’année et de lui demander une récolte encore plus fructueuse l’année prochaine. De nombreux villages au Japon transmettent la tradition du kagura depuis plusieurs siècles, mais Takachiho est le village de prédilection pour y assister puisque c’est le lieu d’origine de cette danse (pratiquée depuis le 12e siècle !)

Le sanctuaire shintoïste de Takachiho, Miyazaki, Kyushu

 

Résumé de l’histoire du spectacle

La danse de kagura raconte le mythe japonais de la déesse du soleil Amaterasu qui est narré dans Kojiki et Nihon Shoki, des ouvrages historiques et mythologiques datant du 8e siècle.

La légende raconte que Amaterasu était tellement bouleversée par les violentes pitreries de son frère, le dieu de la tempête, qu’elle s’enfuit se cacher dans une grotte, plongeant le monde dans la pénombre.

L’ensemble des divinités du panthéon se rassembla pour trouver un moyen de la faire sortir de la caverne. Finalement, une autre déesse, Ame-no-Uzume, effectua une danse hilarante (et sensuelle selon les versions) et le rires des divinités fit un vacarme tel, que Amaterasu sorti pour voir de quoi il s’agissait. Le monde fut alors à nouveau illuminé par son rayonnement. Il est d’ailleurs dit que la grotte où s’est réfugiée Amaterasu se trouve dans le village de Takachiho, je vous en parle dans cet article.

 

Le kagura de Takachiho, une danse théâtrale en quatre actes

Le kagura est généralement composé de 33 actes et dure toute la nuit, on peut y assister entre novembre et février, mais les 4 principaux actes sont représentés toute l’année de 20h à 21h au sanctuaire de Takachiho.

Le premier acte est la Danse de Tajikarao, une autre divinité, qui la représente lorsqu’elle cherche Amaterasu et essaie d‘entendre le moindre bruit indiquant sa présence.

Premier acte du kagura de Takachiho : la danse de Tajikarao

Le second, la Danse d’Uzume, est une danse amusante devant la grotte où se cache la déesse du soleil, pour essayer de la faire sortir.

Deuxième acte du kagura de Takachiho : la danse d'Uzume

Au troisième acte, la Danse de Totori, vous pourrez être surpris par le visage rouge, les mouvements des longs cheveux noirs de Tajikarao, lorsqu’il met toutes ses forces pour se débarrasser de la porte de la grotte.

Troisème acte du kagura de Takachiho : la danse de Totori

Troisième acte du kagura de Takachiho : la danse de Totori

Le quatrième et dernier acte, la Danse de Goshintai, est le plus intense de la représentation. Il met en scène un couple préparant des grains de riz qu’ils offrent aux dieux en buvant du saké. Ils prient pour un mariage heureux, la fécondité et la prospérité des futurs enfants ; et une énorme récolte. Cette surprenante danse est interactive : le couple se mêle à la foule et transmet la protection des divinités en enlaçant certains spectateurs.

Quatrième acte du kagura de Takachiho : la danse de Goshintai

Quatrième acte du kagura de Takachiho : la danse de Goshintai, un danseur interagit avec les spectateurs

Quatrième acte du kagura de Takachiho : la danse de Goshintai, deux danseurs ensemble en scène

 

Visite de l’atelier artisanal qui produits les masques de kagura

Si vous avez été interpellé par l’expressivité poignante des masques utilisés dans le kagura, appelés Omotesama, une visite de l’atelier d’artisanat traditionnel où ils sont confectionnés vaut le détour. En quelques minutes après avoir quitté la route principale de Takachiho et traversé des paysages pittoresques au milieu des rizières, vous accéderez sans difficulté au studio Amanoiwato Kibori (天岩戸木彫工房).

Paysage rural à Takachiho, Miyazaki, Kyushu

Accueillie par le maître artisan, dans l’entrée de l’atelier j’ai pu admirer les masques de kagura entreposés dans des vitrines. Certains étaient finis donc peints et vernis, et d’autres étaient encore bruts, cela permettait de voir les détails sculptés dans le bois. Les trois autres pièces de l’atelier sont dédiées à la confection de A à Z des masques : deux salles traditionnelles japonaises avec des tatamis, dans lesquelles, à même le sol, le maître artisan et son fils sculptent dans le bois la forme des visage, puis leurs expressions dans les moindre détails. Un travail très minutieux qui permet d’obtenir des masques si éloquents.

L'entrée du studio Amanoiwato Kibori à Takachiho, où sont fabriqués les masques de kagura

L'intérieur du studio Amanoiwato Kibori à Takachiho, où sont fabriqués les masques de kagura

Masques de kagura dans le studio Amanoiwato Kibori à Takachiho

Lors de ma visite, le maître artisan finissait une réplique du masque de la divinité Tajikarao, qui sera utilisé dans le kagura de Takachiho. Invitée à m’asseoir avec lui, j’ai eu le plaisir d‘assister à son travail de finitions, tout en discutant avec lui de son activité. Le sol était jonché de copeaux de bois et une douce odeur de bois flottait dans la pièce.

Le maître artisan en pleine sculpture d'un masque de kagura dans son studio

Le maître artisan montre des masques de kagura qu'il vient de réaliser

L’atelier produit des masques de kagura depuis plus de quatre générations, et la seconde et la troisième générations ont été certifiées artisanat traditionnel par la commune. Les masques de kagura sont taillés dans du bois de camphrier et de paulownia. De la coupe du bois en forêt, jusqu’au vernissage, toutes les étapes de création sont réalisées dans cet atelier. La première étape de sculpture du bois dure en moyenne 2 jours, puis la peinture et le vernissage durent 5 jours, soit une semaine complète pour réaliser un masque de kagura.

De nos jours, les maîtres artisans certifiés au Japon sont très rares, et par conséquent l’atelier Amanoiwato Kibori reçoit des commandes de tout le Japon (principalement pour des matsuri, festivals durant lesquels les japonais célèbrent les divinités).

Notez que le maître artisan et son fils parlent très peu anglais, mais ils sauront vous faire comprendre avec bienveillance leur travail.

Masques de kagura sculptés mais pas encore peints au studio Amanoiwato Kibori à Takachiho

 

Informations pratiques et accès

Retrouvez toutes les informations sur les arts traditonnels de Takachiho sur le site de la ville : http://takachiho-kanko.info/en/

 

Takachiho Kagura

Les places se prennent sur place, 700 yens par personne

Adresse : sanctuaire de Takachiho, 1037 Mitai, Oaza Takachiho-chō, Nishiusuki-gun, Miyazaki-ken 882-1101

Lien internet : http://takachiho-kanko.info/en/boat_kagura/#lnk_kagura

Parking gratuit

 

Atelier Amanoiwato Kibori 天岩戸木彫工房

Visite sur rendez-vous

Téléphone : 0982-74-8901

Adresse : 339 Oazaiwato Takachiho-cho, Nishiusuki-gun, Miyazaki prefecture

宮崎県西臼杵郡高千穂町大字岩戸399番地

Site internet: http://iwatokibori.com/

Parking gratuit

 

    
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