La c\u00e9l\u00e8bre histoire des 47 ronin<\/em><\/strong> ( \u6d6a\u4eba, samoura\u00efs sans ma\u00eetre), connue par la plupart des Japonais sous le nom de Chushingura (\u5fe0\u81e3\u8535)<\/strong>, est bas\u00e9e sur des faits r\u00e9els datant de l’incident d’Ako (\u8d64\u7a42\u4e8b\u4ef6)<\/strong>, qui eu lieu au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle. Cet incident a inspir\u00e9 de nombreuses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, romans et films. Il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 par Hollywood en 2013 dans le film 47 Ronin<\/em>, r\u00e9unissant Keanu Reeves<\/strong> et des acteurs japonais de renomm\u00e9e internationale, comme Sanada Hiroyuki <\/strong>et Kikuchi Rinko<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n
En 1675, Asano Naganori <\/a>devint le seigneur du domaine d\u2019Ako apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re alors qu\u2019il n\u2019avait que 9 ans. Pratique courante pour les seigneurs de petits domaines \u00e0 l’\u00e9poque, il fut nomm\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 des postes mineurs et temporaires par le shogunat Tokugawa<\/strong>. En 1701, il fut nomm\u00e9 fonctionnaire sous Kira Yoshinaka et fut charg\u00e9 d’accueillir les \u00e9missaires de la cour imp\u00e9riale au ch\u00e2teau d’Edo<\/strong>. Yoshinaka \u00e9tait charg\u00e9 de lui apprendre les bonnes mani\u00e8res de la cour, mais il le m\u00e9prisait et le traitait assez durement. La tension entre les deux hommes augmentait de jour en jour. Lorsque Yoshinaka insulta grossi\u00e8rement Naganori alors qu’il \u00e9tait de service au ch\u00e2teau d’Edo, il ne put plus le supporter. Il tira alors son \u00e9p\u00e9e et attaqua Yoshinaka. Il ne put que le blesser au dos et au front avant que les gardes ne les s\u00e9parent. Tirer son \u00e9p\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du ch\u00e2teau du shogun<\/em> et attaquer un sup\u00e9rieur \u00e9tait une grave offense. En guise de punition, Naganori dut se donner la mort par seppuku<\/em>, un suicide rituel<\/strong>, son ch\u00e2teau et ses terres furent confisqu\u00e9s, et ses serviteurs devinrent des ronin<\/em> sans ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n
Le shogunat se trouva dans l’embarras face \u00e0 cette affaire : le peuple \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 des 47 ronin<\/em> car ils avaient respect\u00e9 les id\u00e9aux des samoura\u00ef en restant fid\u00e8les \u00e0 leur seigneur m\u00eame apr\u00e8s sa mort. Ils avaient toutefois enfreint la loi et devaient \u00eatre punis. Par cons\u00e9quent, ils re\u00e7urent l’ordre de s’adonner au seppuku<\/em>, car le suicide \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme plus honorable que l’ex\u00e9cution. Le 4 f\u00e9vrier 1703, 46 ronin<\/em> se sont suicid\u00e9s, le dernier s’\u00e9tant enfui imm\u00e9diatement apr\u00e8s le d\u00e9but de l’attaque.<\/p>\n\n\n\n
Je connaissais l’histoire des 47 ronin<\/em> depuis longtemps, j’avais donc h\u00e2te de visiter certains des lieux d’Ako li\u00e9s \u00e0 leur histoire. Bien que la mer int\u00e9rieure de Seto <\/strong>soit connue pour ses nombreuses journ\u00e9es ensoleill\u00e9es tout au long de l’ann\u00e9e, j’eus droit \u00e0 l’un des rares jours de pluie de la r\u00e9gion durant ma visite. Mais je n’en \u00e9tais pas moins excit\u00e9 pour autant. <\/p>\n\n\n\n
J’ai d’abord visit\u00e9 les vestiges du ch\u00e2teau d’Ako <\/strong>dans le centre de la ville. Le ch\u00e2teau fut construit au milieu du XVIIe si\u00e8cle sur ordre d’Asano Naganao, le grand-p\u00e8re de Naganori. Il fallut 13 ann\u00e9es pour en terminer la construction. M\u00eame si le XVIIe si\u00e8cle fut une p\u00e9riode plut\u00f4t paisible, dirig\u00e9e par la main de fer des Tokugawa, le ch\u00e2teau fut con\u00e7u dans un esprit d\u00e9fensif par deux strat\u00e8ges militaires. \u00c0 l’int\u00e9rieur du ch\u00e2teau, le chemin ne se parcourt pas en ligne droite. Une multitude de murs, de virages et de portes menant dans diff\u00e9rents directions rendent le cheminement aussi difficile que possible pour emp\u00eacher un \u00e9ventuel attaquant de se frayer un chemin dans le ch\u00e2teau, donnant ainsi le temps aux d\u00e9fenseurs d’attaquer l’assaillant \u00e0 l’aide de fl\u00e8ches ou de fusils \u00e0 travers des fentes de tir dissimul\u00e9es dans les murs.<\/p>\n\n\n\n
Situ\u00e9 entre rivi\u00e8re Chikusagawa<\/strong> \u00e0 l’est et la mer int\u00e9rieur de Seto au sud, l\u2019emplacement du ch\u00e2teau le rendait aussi plus difficile \u00e0 attaquer. Il fut d\u00e9truit \u00e0 la fin du r\u00e8gne des samoura\u00efs au XIXe si\u00e8cle<\/strong>, mais certaines parties du ch\u00e2teau furent restaur\u00e9es et il fut d\u00e9sign\u00e9 site historique national <\/strong>en 1971. La plupart des zones int\u00e9rieures ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9es en parc public dot\u00e9 de somptueux jardins.<\/p>\n\n\n\n
Le sanctuaire Oishi (\u5927\u77f3\u795e\u793e)<\/strong>, d\u00e9di\u00e9 aux 47 ronin<\/em> et \u00e0 leur chef Oishi Kuranosuke, se trouve \u00e9galement sur les terres du ch\u00e2teau d’Ako. Les gens viennent ici pour rendre hommage \u00e0 leurs actes h\u00e9ro\u00efques et prier pour obtenir ne serait-ce qu’une partie de leur d\u00e9termination afin de pouvoir r\u00e9aliser leurs propres ambitions personnelles. De nombreux \u00e9coliers \u00e9crivent leurs v\u0153ux sur des plaques votives<\/strong> et les offrent au sanctuaire dans l’espoir de r\u00e9ussir leur prochain examen.<\/p>\n\n\n\n
Le Mus\u00e9e d’histoire de la ville d’Ako<\/strong> est situ\u00e9 au nord-est des vestiges du ch\u00e2teau. Les b\u00e2timents ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us dans le style des anciens entrep\u00f4ts japonais. \u00c0 l’int\u00e9rieur, vous trouverez des expositions permanentes sur le d\u00e9veloppement du ch\u00e2teau d’Ako et de sa ville fortifi\u00e9e, l’histoire des 47 ronin<\/em>, la riche histoire de la production de sel \u00e0 Ako et sur les anciens aqueducs de la ville. La plupart des informations sont en japonais, mais sachez qu’une brochure en anglais est \u00e9galement disponible.<\/strong><\/p>\n\n\n\n
Le confortable hall<\/strong> du rez-de-chauss\u00e9e et son petit jardin japonais clos offre un agr\u00e9able cocon pour passer le temps et se d\u00e9tendre, lire un bon livre ou simplement fl\u00e2ner un peu.<\/p>\n\n\n\n
Sakoshi (\u5742\u8d8a)<\/strong> n’est qu’\u00e0 un arr\u00eat de la gare de Banshu Ako<\/strong>. C’est non seulement la destination id\u00e9ale pour une randonn\u00e9e<\/a>, mais on peut aussi y d\u00e9couvrir l’architecture traditionnelle japonaise. Le quartier de Machinami (\u8857\u4e26\u307f) <\/strong>de Sakoshi est \u00e0 quelques minutes en v\u00e9lo de la gare de Sakoshi. La plupart des anciens b\u00e2timents du quartier ont \u00e9t\u00e9 construits au XIXe si\u00e8cle. Certains d’entre eux sont des r\u00e9sidences priv\u00e9es, mais on y trouve aussi des caf\u00e9s, des boutiques, ou encore des mus\u00e9es<\/strong>. M\u00eame la caserne de pompiers locale est install\u00e9 dans un vieux b\u00e2timent traditionnel. J’ai visit\u00e9 le Sakoshi Machinamikan<\/strong>, qui \u00e9tait autrefois une banque, mais qui abrite aujourd’hui une office du tourisme et un petit mus\u00e9e. D\u00e8s que je suis entr\u00e9, une dame \u00e2g\u00e9e est venue m’accueillir et a commenc\u00e9 \u00e0 me raconter l’histoire de ce b\u00e2timent et de la ville. Elle semblait tr\u00e8s enthousiaste \u00e0 l’id\u00e9e de partager ses connaissances sur la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n