Retirez votre montre et \u00e9teignez votre smartphone. Car le temps ne s’\u00e9coule pas de la m\u00eame mani\u00e8re \u00e0 Oumi no Sato<\/strong> (\u7fc1\u7f8e\u306e\u91cc), et vous ne voudriez pas \u00eatre celui qui viendrait dissiper la magie qui r\u00e8gne dans ce royaume. Ici vit une femme qui semble tout droit sortie d’un compte de f\u00e9e et qui n’a qu’une mission\u00a0: apporter le bonheur \u00e0 tous ses visiteurs. Comme le dit le vieil adage, on atteint le c\u0153ur d’un homme par son estomac, elle sait donc aussi comment nous conqu\u00e9rir avec les d\u00e9licieux fruits de saison de sa ferme.<\/p>\n\n\n\n
Connue pour \u00eatre la r\u00e9gion la plus ensoleill\u00e9e du Japon, Okayama<\/a><\/strong> (\u5ca1\u5c71) b\u00e9n\u00e9ficie d’un climat privil\u00e9gi\u00e9 par rapport au reste du pays, ce qui lui donne un avantage certain en mati\u00e8re d’agriculture. Parmi les produits les plus c\u00e9l\u00e8bres de la r\u00e9gion, on retrouve le raisin et la p\u00eache blanche, ce n’est donc pas un hasard s’il s’agit \u00e9galement du lieu de naissance de Momotaro<\/a> (\u6843\u592a\u90ce), un h\u00e9ros du folklore japonais, n\u00e9 dans une p\u00eache g\u00e9ante<\/a>, qui est au c\u0153ur des l\u00e9gendes qui planent sur l’ancienne r\u00e9gion de Kibiji.<\/p>\n\n\n\n
Le soleil s’est d\u00e9j\u00e0 couch\u00e9 lorsque j’arrive \u00e0 Oumi no Sato<\/a>, apr\u00e8s une longue journ\u00e9e de marche et de photographie. Le lieu n’est pas si \u00e9loign\u00e9 de la ville, \u00e0 seulement 13 kilom\u00e8tres de la gare d’Okayama, mais je me retrouve d\u00e9j\u00e0 dans un environnement rural radicalement diff\u00e9rent, o\u00f9 r\u00e8gne un silence paisible, tout juste interrompu par le doux murmure des arbres qui fr\u00e9missent sous une fra\u00eeche brise d’automne. Sadayo Satomi m’accueille d’un sourire \u00e9clatant, et apr\u00e8s m’avoir laiss\u00e9 d\u00e9poser mes affaires dans ma chambre et m’\u00eatre un peu repos\u00e9e, elle commence \u00e0 me parler de cet endroit singulier autour du d\u00eener.<\/p>\n\n\n\n
En plus de produire les d\u00e9licieuses p\u00eaches blanches qui font la renomm\u00e9e de la r\u00e9gion, mon h\u00f4te a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 cultiver d’autres fruits, parmi lesquels on retrouve des poires \u00ab\u00a0la France\u00a0\u00bb, des myrtilles, des agrumes, et des prunes. Bien que le temps doux de la r\u00e9gion lui facilite la t\u00e2che, g\u00e9rer une telle ferme ne se fait pas tout seul. Satomi-san veille constamment sur ses champs et surveille les fruits pour savoir \u00e0 quel moment pr\u00e9cis il conviendra de les r\u00e9coler, ce qui la conduit parfois \u00e0 devoir faire le tour de ses champs chaque matin au lever du soleil lorsque la saison des r\u00e9coltes approche. Cette ann\u00e9e, le temps avait \u00e9t\u00e9 quelque peu inhabituel, et elle ne pouvait prendre aucun risque avec ses ch\u00e8res p\u00eaches.<\/p>\n\n\n\n
La saison des r\u00e9coltes \u00e9tait pass\u00e9e lors de ma visite, je ne pouvais donc qu’imaginer le travail, mais aussi le plaisir, que repr\u00e9sente l’entretien de ses 40 hectares de verger (30 hectares de p\u00eachers, 10 hectares pour les autres arbres fruitiers). Au petit matin, nous sommes all\u00e9es faire une ballade dans les champs, et Satomi-san m’expliqua quels arbres \u00e9taient plant\u00e9s dans chacune des sections de son verger. Lorsqu’on vient durant la saison des r\u00e9coltes, on peut \u00e9galement ramasser des fruits en se promenant entre les arbres, et acheter les fruits qu’on a soi-m\u00eame cueillis. On y trouve aussi un espace d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la culture de champignons shiitak\u00e9, que l’on peut \u00e9galement ramasser. Pour une \u00e2me d\u00e9finitivement citadine comme moi, l’id\u00e9e de manger des aliments que j’ai moi-m\u00eame r\u00e9colt\u00e9s me procure un immense sentiment de satisfaction qui, j’en suis s\u00fbre, doit \u00eatre partag\u00e9 par d’autres clients d’Oumi no Sato.<\/p>\n\n\n\n