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Depuis plus d’un millénaire, les Japonais font des pèlerinages le long des chemins de montagne du Kumano Kodo (熊野古道). Faire une randonnée sur le Kumano Kodo, c’est s’embarquer dans l’un des plus anciens périples spirituels du Japon, à travers des étendues de nature vierge baignée de brume et de mystères, de folklore et de légendes ; c’est marcher sur les terres des dieux.

Paysage dans la région de Kumano au Japon

Le nom de ce pèlerinage fait référence à la région de Kumano dans la préfecture de Wakayama, qui recouvre la partie sud de la péninsule de Kii, au centre du Japon. Le mot japonais kodo, signifie quant à lui « vieux chemins ». Kumano Kodo est aussi le seul sentier de randonnée, avec le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, à être classé au Patrimoine Mondial de L’UNESCO en tant que paysage culturel. Le long du Kumano Kodo, on retrouve un ensemble de trois sanctuaires et d’un temple appelé Kumano Sanzan, (composé du sanctuaire de Kumano Hongu Taisha, du sanctuaire de Kumano Nachi Taisha et son temple voisin Nachisan Seiganto-ji, ainsi que du sanctuaire de Kumano Hayatama Taisha) habités, dit-on, de kami, les divinités de la religion Shinto.

Ayant moi-même un penchant pour la randonnée, pour l’histoire et pour les anciennes croyances polythéistes (d’où est issu le shintoïsme), j’étais impatient à l’idée d’arpenter le Kumano Kodo. Et voilà que fin décembre, je me retrouvais dans une voiture serpentant le long de la rivière de Kumano-gawa, en route pour le chemin de pèlerinage. 

Premiers pas sur le Kumano Kudo : la terre des dieux

Après avoir déchargé mes affaires de la voiture dans le complexe d’un petit sanctuaire — j’apprendrai plus tard qu’il s’agit de Takijiri-Oji, l’entrée du col de montagne du Kumano Kodo — j’ai retrouvé mon guide né dans le Colorado, Mike, qui vit depuis 20 ans dans la ville de Tanabe à Wakayama. La région étant devenue sa terre d’adoption, son savoir sur le chemin de pèlerinage est encyclopédique. De plus, il marchait avec un bâton et j’ai tendance à faire confiance aux gens qui marchent résolument avec un bâton dans les mains.

sentier de randonnée du Kumano Kodo

J’espérais pouvoir parcourir une bonne partie du chemin en une journée de marche avant que Mike ne m’informe que celui-ci faisait plusieurs centaines de kilomètres et se séparait sur plusieurs embranchements aux dans les montagnes de Kii. J’ai donc renoncé à mes rêves un peu trop ambitieux et accepté de me contenter de la portion du chemin qu’il serait possible de parcourir en une journée.

Il existe six chemins principaux (Kiiji, Kohechi, Nakahechi, Ohechi, Iseji, et Omine Okugake-michi) qui forment ensemble le pèlerinage du Kumano Kodo, reliant entre eux les trois grands sanctuaires et le temple, et qui permet également de se rendre à Koyasan (une montagne où naquit le bouddhisme Shingon), Yoshino (une montagne de la préfecture de Nara elle aussi vénérée), et Ise Jingu dans le département de Mie (le sanctuaire Shinto le plus important du Japon).

Marches le long d'un des chemins de pèlerinage du Kumano Kodo
Le pèlerinage de Kumano Kodo est composé de six chemins de randonnée reliant trois grands sanctuaires et un temple.

Les chemins du Kodo sont de difficulté variable et certains furent mieux préservés que d’autres. La Route de Nakahechi est la plus populaire, un chemin de 30 km relativement facile à parcourir entre la périphérie de Tanabe et le grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha. Kohechi et Omine Okugake-michi sont des randonnées complexes et sinueuses à travers des forêts montagneuses, bordées de quelques auberges et aires de repos ; il n’est pas recommandé de s’y aventurer sans guide expérimenté et sans une préparation minutieuse. Les deux chemins côtiers, Ohechi et Iseji, respectivement vers le sud de Wakayama et en direction du Ise Jingu, ont en grande partie succombé aux constructions à cause de la présence de villes à proximité, mais ont conservé des vestiges de leur gloire passée.

Chroniques et histoire du Kumano Kodo

La route Nakahechi fut notre point d’entrée dans le Kumano Kodo. Nous avons débuté notre randonnée depuis centre d’information Kumano Kodokan, une cabane en bois dodécagonale nichée sur la berge d’une petite rivière entourée d’une forêt d’arbres aux feuillages persistants. C’est ici que j’ai découvert l’histoire de ces sentiers de randonnée, qui avait commencé à les parcourir, et pourquoi.

Historiquement, les montagnes au Japon étaient vues à la fois comme la demeure des dieux et un point de rassemblement pour les esprits des défunts. Pour cette raison, la région montagneuse de Kumano a toujours été vénérée par les adeptes des croyances polythéistes du Japon (qui seront plus tard collectivement connues sous le nom de shintoïsme).

L’arrivée du bouddhisme au Japon via la Chine entre le IVe et le VIe siècle fit émerger une nouvelle organisation des religions japonaises. Bouddhisme et shintoïsme fusionnèrent pour donner naissance à un nouveau courant de pensée, les dieux shinto régionaux devenant alors essentiellement des manifestations d’entités bouddhistes.

Durant l’époque Heian (794 –1185), les pèlerinages étaient en grande partie réservés à l’élite religieuse et politique. L’intérêt de ces élites pour les philosophies liées au shintoïsme et au bouddhisme furent à l’origine des pèlerinages du Kumano Kodo.

Le sud a toujours été une direction considérée comme de bon augure, et le Kodo se trouvait directement au sud de Kyoto (ancienne capitale et emplacement de la cour d’Heian). La région de Kumano est également le berceau de la mythologie des origines dans les croyances shintoïstes. Le premier empereur Jimmu — un descendant supposé de la déesse du soleil Amaterasu — a passé du temps à parcourir les terres éprouvantes de Kumano alors qu’il était en voie de fonder le Japon. Les divinités bouddhistes vénérées à Kumano étaient aussi liées à leurs propres paradis cosmiques ; gravir les sentiers sinueux de la région pour les honorer à Kumano — un véritable paradis sur terre — était considéré comme une des manières d’atteindre son paradis intérieur. En outre, le Kodo était un emplacement idéal pour les pratiques ascétiques, pour purifier aussi bien son esprit que son corps et son âme.

Les poètes, scribes et érudits qui ont arpenté le Kumano Kodo aux côtés de l’aristocratie ont laissé des traces écrites de leurs pèlerinages durant l’époque d’Heian — des répliques de ces journaux intimes sont exposées dans les vitrines du centre d’information.

C’est grâce à ces journaux intimes, comme Chuyuki (中右記) par le noble d’Heian, Fujiwara-no-Munetada (1062–1141), témoignages directs des pèlerinages, que nous pouvons savoir comment se déroulaient ces voyages. Après la visite du grand sanctuaire Kumano Hongu Taisha, Munetada qui voyageait en compagnie d’autres voyageurs, est arrivé à Yunomine Onsen, considéré aujourd’hui comme l’une des plus anciennes sources thermales du Japon. « Je me suis baigné dans un petit ravin où les eaux de sources thermales se mêlent aux eaux froides d’un ruisseau, un spectacle d’une grande rareté », écrit-il. « Ceux qui se baignent dans ces eaux seront guéris de toutes les maladies. »

Lorsqu’on marche sur le Kumano Kodo en ayant en tête la longue histoire de ces sentiers de pèlerinage, chaque pierre que l’on foule et chaque rocher le long du chemin, chaque cèdre imposant et chaque sanctuaire recouvert de mousse, chaque rivière s’écoulant et chaque ruisseau murmurant prend une dimension d’une profondeur infinie. Si les collines pouvaient parler, qui sait quelles histoires elles pourraient nous conter.

La route de Nakahechi : le chemin le plus populaire

J’ai fait mes premiers pas sur le Kumano Kodo juste à l’extérieur du Kodokan, où nous avons rejoint la route Nakahechi. Une grande pierre gravée nous indiquait que nous entrions dans une zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Derrière la pierre, une porte torii marquait solennellement l’entrée du Takijiri-Oji, l’entrée sacrée du chemin. Un peu plus loin, un poteau en bois érigé à côté d’un arbre arborait fièrement deux mots : « Kumano Kodo ».

Chemin du Kumano Kodo passant par la forêt

Notre randonnée sur cette section du Kumano Kodo fut un aperçu de ce que ces sentiers de pèlerinage ont à offrir. Nous avons péniblement gravi un chemin plutôt raide, bien que très emprunté, qui montait sur environ 500 mètres. Nous étions seuls ce jour-là, mais Mike m’a indiqué qu’il était généralement très emprunté dans des périodes plus propices, tout particulièrement pendant les saisons des sakura au printemps (cerisiers en fleurs) et du koyo (feuillages d’automne). Alors que nous nous enfoncions plus profondément dans la forêt, l’atmosphère se faisait plus calme et le bruit des voitures sur la route la plus proche s’estompait, remplacé par les craquements des brindilles sous nos pas et le chant des oiseaux en haut des arbres.

Durant notre brève ascension, nous nous sommes retrouvés devant une petite statue jizo vêtue d’un bavoir rouge, un bodhisattva qui veille sur les voyageurs et les âmes des enfants défunts, protégé par un rocher sacré. Ce « rocher-mère » est devenu un mythe il y a de cela plusieurs siècles, quand la légende de ce personnage mythique protégeant un bébé qu’on lui avait confié pour plusieurs jours devint populaire. Non loin de cette statuette, un tunnel naturel creusé dans la terre menait à un espace entre deux rochers, juste assez large pour qu’une personne de taille moyenne puisse s’y faufiler. Le passage à travers ce tunnel, appelé « le ventre de la mère », symbolise la purification de l’âme, et faisait partie d’un vieux rituel bouddhiste de re-naissance.

statue japonaise jizo le long d'un sentier du Kumano Kodo
Petite statue de Jizo, veillant sur les voyageurs et l’âme des enfants défunts, le long des chemins du Kumano Kodo.

N’étant pas un homme particulièrement grand, j’ai eu envie de tenter ma chance et de m’aventurer dans le “ventre de la mère”. Après quelques grognements étouffés et quelques efforts maladroits, j’ai réussi à passer de l’autre côté et à renaître. Je ne peux pas vraiment dire que je me suis senti complètement purifié. C’était cependant un très bon exemple de ces symboles dont regorge l’environnement naturel du Kumano Kodo et qui, combinés aux croyances religieuses, prennent un sens qui attire depuis longtemps les pèlerins dans la région.

En direction du grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha

Nous sommes descendus le long du chemin et nous sommes remontés en voiture pour rejoindre une autre portion de la route de Nakahechi un peu plus loin. Nous avons rejoint le chemin au niveau d’un point de départ populaire à Hosshinmon-oji, l’un des petits sanctuaires parmi les centaines qui se trouvent le long du Kumano Kodo. Hosshinmon-oji est l’entrée la plus éloignée de l’enceinte divine du grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha, à environ huit kilomètres.

sanctuaire de Hosshinmon Oji sur le Kumano Kodo
Hosshinmon-Oji est un des petits sanctuaires qui se trouvent le long du Kumano Kodo

Ici, la Nakahechi nous a fait passer devant des fermes, des plantations de légumes et la maison d’un vieux sculpteur sur bois qui fabrique des épouvantails pour les fermiers voisins, avant d’entrer dans une forêt de cèdres du Japon, cyprès, pins, marronniers, conifères, fougères d’apparence exotique et d’une infinité d’autres espèces botaniques. 

Plus profondément dans la forêt, nous sommes passés devant une école abandonnée, mélangeant beauté et mélancolie. Les salles de classe dépourvues de vie et recouvertes de débris surplombaient une vieille piscine, jonchée de feuilles dorées tombées en cette fin d’automne. Le soleil se reflétait, comme dans un miroir, sur la surface immobile de la piscine dans un silence de mort, alors que la mousse grimpait sur les côtés. J’aurais pu rester assis ici des heures à m’imprégner de cette ambiance. Malheureusement, le temps me faisait défaut, j’ai alors fait une offrande rapide au Jizo de l’école — pouvant soi-disant guérir le genre de douleur au dos que je me trouvais avoir — et j’ai continué mon chemin.

Feuillage d'automne et école abandonnée le long du Kumano Kodo

« Nous sommes désormais de retour dans la zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO », me dit Mike alors que nous arrivions au niveau d’une chemin en pierres anciennes. Une grande partie de la section que nous nous apprêtions à fouler était préservée depuis l’époque Heian, un des vestiges du vieux sentier de pèlerinage de Kumano Kodo, préservé des temps modernes. 

L’ancienne route accidentée serpentait à travers une forêt d’arbres imposants et commençait à ressembler aux terres légendaires des dieux Shinto. La réalité, ou du moins celle du monde moderne, me semblait à des années-lumière alors que nous avancions au rythme de nos pas, au rythme de notre environnement, enveloppé dans une atmosphère que seules quelques bribes de conversation ici et là brisaient le temps d’un instant.

Un certain nombre de petits sanctuaires longeaient la route, beaucoup d’entre eux honoraient ceux qui avaient arpenté le Kodo mais n’avaient pas pu en revenir vivant. Cela permettait de se rendre compte de ce que représentait un pèlerinage sur ces sentiers il y a un millier d’années, sans sac à dos rempli de nourriture et d’eau, ni de GPS dans sa poche si on s’égarait, pas même de guide qui connaissait ces bois comme le fond de sa poche pour nous montrer le chemin.

Nous avons continué jusqu’à mi-chemin entre Hosshinmon-oji et le grand sanctuaire Kumano Hongu Taisha. Une petite cabane surplombant une plantation de thé offrait une aire de repos et servait du café onsen (fait avec l’eau des sources thermales). Nous avons entamé notre bento Kumano Kodo (panier-repas) acheté au préalable à Omuraya et avons profité de la chaleur et de l’énergie bienvenues de cette infusion bouillante chargée en caféine. (Veuillez noter qu’il n’y a aucun endroit pour se ravitailler sur cette portion de la route, veuillez donc prévoir une boîte repas ou un casse-croûte en conséquence). Assis à côté de l’aire de repos, on peut profiter d’une vue dégagée sur les montagnes de Kii qui s’étendent à l’horizon. Lors d’une journée ensoleillé de décembre comme la notre, la vue s’étend sur une distance de plus de 30 kilomètres ; plusieurs journées de marche le long du Kumano Kodo.

Le grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha

Nous avons marché encore quelques kilomètres à travers les forêts pour atteindre le premier grand sanctuaire du Kodo, le grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha (熊野本宮大社). De la même manière que toutes les routes mènent à Rome, tous les chemins du Kumano Kodo mènent à ce grand sanctuaire, situé au cœur de la région.

Le grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha renferme nombre de divinités, incluant Amaterasu, et fait partie des trois sanctuaires à la tête de plus de 3000 sanctuaires de Kumano éparpillés dans tout l’archipel du Japon. Le sanctuaire Hongu existe depuis bien plus de deux mille ans. Cependant, le bâtiment actuel, une structure austère au milieu d’un bosquet, a été construit il y a au moins 900 ans — selon le journal intime d’un voyageur pèlerin — bien qu’il ait été déplacé et reconstruit de nombreuses fois à cause d’incendies, d’inondations et de désastres récurrents. 

En arrivant dans le sanctuaire, deux choses m’ont frappé. Premièrement, le fait que ce sanctuaire soit caché au milieu des bois lui donnait une aura mystique, accentuée par son style relativement simpliste. De grands ornements architecturaux, comme les lames croisées sur son toit en pente et l’immense porte d’entrée du sanctuaire, suggéraient malgré tout que que le grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha avait plus d’importance qu’un banal sanctuaire.

Le toit du sanctuaire Hongu Taisha au milieu de la forêt

Ensuite, je fus intrigué par la représentation d’un corbeau à trois pattes qui se retrouvait partout, quel que soit l’endroit où je tournais mon regard. Je me suis rendu compte qu’il s’agissait de l’emblème de l’équipe de football du Japon mais je n’avais jamais réfléchi à sa signification. Lors du périple du premier empereur Jimmu mentionné plus haut, qui devait le conduire à fonder le Japon, un yatagarasu (corbeau à trois pattes) a été envoyé comme messager du paradis pour guider la légion impériale à travers la région de Kumano potentiellement dangereuse. Selon la légende, c’est donc à cette improbable créature mystique que le Japon doit son existence.

Nous avons traversé le sanctuaire principal et rendu nos hommages aux divinités. Bien que le sanctuaire fut en partie envahi par des barrières pour se préparer au flux de visiteurs attendus pour le shougatsu ou Nouvel an, cela ne portait que peu atteinte au charme mystique du sanctuaire.

Le grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha

Avant que la journée ne se termine, nous avions un dernier arrêt à faire, le torii de pierre à Oyunohara, qui était juste à deux pas de là. Haut de 33 mètres, il s’agit de la plus grande porte torii au monde, j’ai presque eu des vertiges en regardant bêtement en haut lorsque je me trouvais à ses pieds. La porte indique l’endroit originel du grand sanctuaire de Kumano Hongu Taisha, qui a été déplacé vers sa position actuelle au XIXe siècle à cause de risques d’inondations.

Le torii Oyu no Hara, le long du Kumano Kodo
Haut de 33 mètres, Oyunohara est le plus haut torii du monde.

J’ai fait mes adieux à Mike et juré de revenir sur le Kumano Kodo dès que l’opportunité se présenterait. J’avais beau avoir admiré quelques-unes de ses plus belles vues ce jour-là, je n’en avais, en réalité, qu’effleuré la surface.

Le reste du pèlerinage de Kumano Kodo

Contraint par le temps, je ne pouvais malheureusement pas continuer à m’aventurer sur les chemins de pèlerinage de jour-là, ni les jours suivants à cause mon emploi du temps chargé dans la préfecture de Wakayama. J’ai cependant pu visiter les deux autres grands sanctuaires et le temple constituant ensemble le Kumano Sanzan, ainsi que plusieurs autres sites historiques de la région. Je vais détailler ici les plus beaux moments de ces visites :

Le grand sanctuaire de Kumano Nachi Taisha

Le sanctuaire de Kumano Nachi Taisha devant l'immense cascade Nachi
La pagode de Nachisan Seiganto-ji est l’une des images les plus iconiques du Kumano Kodo, situé devant l’une des plus grandes cascades du Japon

Le grand sanctuaire de Kumano Nachi Taisha est perché sur une colline offrant une vue magnifique sur la cascade de Nachi, la plus grande cascade sans paliers du Japon grâce à ses 133 mètres de haut. Lors ma visite, la pagode du temple de Nachisan Seiganto-ji rayonnait de ses couleurs vermillons dans le soleil brillant de l’hiver, alors que des traînées kaléidoscopiques teintaient la cascade quand la lumière du soleil se réfractait à travers les gouttelettes d’eau — un phénomène courant dans les jours les plus ensoleillés d’hiver. On peut également accéder au grand sanctuaire de Kumano Nachi Taisha et au temple de Nachisan Seiganto-ji via la pente de Daimon-zaka, un chemin en pente serpentant entre d’imposants cèdres qui filtrent la lumière du soleil telle une fenêtre de citadelle ; on se croirait dans une forêt mystique ramenée à la vie.

Le sentier de nachi taisha le long du Kumano Kodo
Daimon-zaka, le sentier en pente menant au sanctuaire de Kumano Nachi Taisha.

Le grand sanctuaire de Kumano Hayatama Taisha

Situé à l’embouchure de la rivière Kumano-gawa, d’où s’écoulent les eaux sacrées du mont Kii, le grand sanctuaire de Kumano Hayatama Taisha est le sanctuaire le plus facile d’accès du Kumano Sanzan. Dans son enceinte, on peut trouver un arbre podocarpus de plus de 1000 ans respirant la sagesse, qui incarne le lien spirituel entre la nature de la région de Kumano et ses habitants.

 Kumano Hayatama Taisha
Le sanctuaire de Kumano Hayatama Taisha est le grand sanctuaire le plus facile d’accès le long du Kumano Kodo.

Le sanctuaire de Kamikura-jinja

Situé à mi-chemin du mont Kamikura, pas très loin du grand sanctuaire de Kumano Hayatama Taisha, le sanctuaire de Kamikura-jinja est l’un des sites spirituels les plus importants du Japon et pourtant l’un des moins connus. Le sanctuaire de Kamikura-jinja, une humble structure de bois laqué de rouge gardé par un rocher sacré (appelé « Gotobiki-iwa »), est considéré être l’endroit où les divinités de Kumano sont descendues sur terre pour la première fois. Il faudra gravir des marches on ne peut plus raides pour y accéder, mais il faut bien faire quelques efforts pour découvrir l’origine des dieux.

Le sanctuaire de Kamikura dans les montagnes japonaises
Le sanctuaire de Kamikura est considéré comme le le lieu où les divinités de Kumano sont descendues sur terre pour la première fois.

Yunomine Onsen et Kawayu Onsen

Yunomine Onsen, mentionné précédemment, est une petite ville thermale pittoresque qui possèderait la plus ancienne source thermale du Japon (encore en activité). On peut faire cuire un œuf ou des légumes frais dans ses eaux glougloutantes. Kawayu Onsen, une autre petite ville de la région de Kumano, possède quantité de sources thermales, toutes reliées à la rivière centrale affluente. En hiver, il n’y a rien de mieux qu’un plongeon dans ces eaux fumantes pour échapper au froid.

La préfecture de Mie

La préfecture de Mie, qui se trouve aux portes de Wakayama, abrite certains des plus anciens et des plus importants sanctuaires du pays (y compris le Ise Jingu mentionné plus haut), ainsi que d’impressionnantes structures rocheuses naturelles.

Le sanctuaire de Hana-no-Iwaya

Le sanctuaire de Hana-no-Iwaya serait le plus vieux sanctuaire Shinto du Japon, ayant probablement plus de 2000 ans. La construction même du sanctuaire est très rudimentaire : un simple ornement métallique encerclé par une barrière en bois. Il se trouve cependant au pied d’un imposant rocher haut de 45 mètres qui symbolise la mère des dieux japonais, Izanami-no-mikoto.

Les rochers d’Oniga-jo

Les rochers Oniga-jo le long de la mer de Kumanonoda au Japon
Sentier encastré dans la falaise d’Oniga-jo qui s’étend sur près d’un kilomètre le long de la mer de Kumano-nada.

Tirant leur appellation du mot japonais oni (une sorte de démon mythologique), les rochers d’Oniga-jo s’étendent sur plus d’un kilomètre le long de la mer de Kumano-nada. On peut marcher sur un sentier encastré dans le flanc de la falaise passant devant de larges fissures et des rocs édentés ressemblant aux démons mythologiques.

pêcheur à Oniga-jo, au Japon

Shishi-iwa

Le Shishi-iwa, du mot shishi (protecteur de temples et de sanctuaires ressemblant à un lion de pierre venant généralement par paire et qui chasse les esprits maléfiques), domine la plage de Shichiri-mihama dans la préfecture de Mie. Pour moi, le rocher ressemblait plus à un aigle poussant un hurlement mais quoi qu’il en soit, il était indéniablement impressionnant.

Le rocher Shishi-iwa le long de la côte japonaise
Shishi-iwa ressemblerait à un des lions protégeant les temples et les sanctuaires japonais.

Mes recommandations d’hôtels à Jumano et à Mie

Kawayu Onsen Midoriya (Kumano Kodo) — Kawayu Onsen Midoriya est un joli ryokan (auberge traditionnelle) au bord d’une rivière dans la zone de Hongu — près du sanctuaire éponyme — possédant des bains onsen en plein air reliés à la rivière. Un dîner kaiseki raffiné (composé de plusieurs plats de saison) et buffet pour le petit déjeuner inclus avec chaque nuit.

Iruka Onsen Seiryuso (préfecture de Mie) — Niché sur les berges de la rivière de Kitayama, ce ryokan paisible mêle influences japonaises et occidentales. Un dîner kaiseki et un petit déjeuner japonais sont inclus pour chaque nuit d’hôtel, et le magnifique Yumoto Sanso Yunokuchi Onsen se trouve seulement à dix minutes de là via un vieux tramway utilisé autrefois par les mineurs de la région.

Comment se rendre à Takijiri-Oji et à la route de Nakahechi

Takijiri-Oji est le point de départ idéal pour commencer votre randonnée le long du sentier de Nakahechi sur le Kumano Kodo. La gare la plus proche de Takijiri-Oji est la gare de Kii-Tanabe. En venant d’Osaka, prenez le train Kuroshio Limited Express à la gare de Tennoji (天王寺駅) en direction de Shingu, et descendez à la gare de Kii-Tanabe, prenez ensuite un bus local pour vous rendre à Takijiri-Oji (trajet d’environ 40 minutes).

Article écrit en partenariat avec le Bureau des Transports de la région de Chubu, l’Association du Tourisme de Wakayama, et la Préfecture de Mie.
Traduit de l’anglais par Nicolas Durand

David McElhinney

David McElhinney

I’m a Northern Irish freelance travel and culture writer who’s spent the last three years battering the keyboard in Tokyo. I like to travel, eat good food, drink good drink, play rugby, and butcher the Japanese language.

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