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Même si certains pays comme le Japon commencent doucement à envisager la réouverture de leurs frontières aux touristes, une sentiment d’inquiétude risque de persister encore un certain temps, et de pousser les touristes à réfléchir à une manière de voyager sûre et responsable. Les conseils que l’on peut lire ici ou là peuvent varier, mais éviter les foules et les contacts rapprochés semble être un comportement faisant l’unanimité pour se protéger de ce virus.

La plage de kojushi sur l'île de Fukue

Lorsque je songe aux lieux dans lesquels j’aimerais me trouver durant cette période difficile, mes pensées se tournent naturellement vers les îles Goto, un petit coin de paradis au large de Kyushu que j’ai récemment passé trois jours à explorer. Les habitants des îles Goto détiennent le secret d’une vie saine : de grands espaces où se détendre, une cuisine équilibrée à base de produits locaux, et des activités de plein air régulières. J’eus l’occasion d’expérimenter chacun de ces aspects de leur quotidien durant mon court séjour à Goto.

Randonnée au grand air sur les îles Goto

Les terrains escarpés des îles Goto offrent de magnifiques randonnées, mais les plus beaux paysages à parcourir à pied se trouvent peut-être au niveau des falaises qui surplombent le phare d’Osezaki. En haut de ces falaises, une plateforme d’observation offre une vue imprenable sur les vagues qui viennent se briser contre les rochers de la côte ouest de l’île de Fukue. Avec Olivier, mon guide de l’office du tourisme de Goto, nous nous sommes garés au début du sentier de randonnée qui mène au phare.

Les îles Goto vues depuis le point d'observation du phare Osezaki
Les îles Goto vues depuis le point d’observation du phare d’Osezaki

Il faut environ une heure pour faire l’aller-retour sur ce sentier de randonnée de 3 kilomètres. Se rendre au phare donne une impression trompeuse de facilité puisque le chemin est principalement en pente descendante. Au retour, en revanche, mes cuisses et mes mollets étaient en feu, mais puisque plusieurs octogénaires se trouvaient dans le groupe de touristes qui nous précédait, je fus convaincu que je pouvais survivre à cette épreuve. Bien que la journée fut chaude et ensoleillée, la majeure partie de la randonnée se passe à l’ombre des arbres de camélias sauvages. Sur le chemin, je pouvais profiter de l’air frais de l’océan sans avoir mon masque sur le visage, à l’exception des moments où nous croisions d’autres randonneurs. Après des mois près de Tokyo à faire attention à ne pas sortir de chez moi sans masque, j’avais une sensation d’immense liberté.

C’est cette même impression de liberté que je ressentais à nouveau depuis le point d’observation du mont Onidake, le plus grand volcan endormi de l’île de Fukue. De là, nous avons pu admirer les ombres qui s’étiraient sur le centre ville sous les rayons de soleil rasants de l’après-midi. Là encore, nul besoin de porter mon masque. Mis à part une famille avec un enfant en bas âge, il n’y avait personne en vue. Si nous avions eu un peu plus de temps, nous aurions pu marcher 20 minutes de plus pour nous rendre au sommet d’Onidake, mais le soleil allait bientôt se coucher et j’aurai d’autres occasions de m’y rendre. Si vous vous trouvez à Goto lors d’une nuit dégagée, le mont Onidake est le lieu idéal pour admirer les étoiles. Tellement idéal qu’on trouve même un observatoire sur la montagne, ouvert aux visiteurs curieux de plonger leur regard dans les profondeurs de l’espace à travers un télescope à la pointe de la technologie.

Le mont Onidake sur les îles de Goto
Presque seul en randonnée vers le mont Onidake sur les îles Goto

Faire du stand up paddle (SUP) à Goto

Situé sur la côte est de l’île, Goto Leisure propose des initiations de stand up paddle (aussi appelé SUP) dans un port aux eaux calmes, protégées des grandes vagues. Nous sommes arrivés au port par un beau matin ensoleillé et je fis la connaissance de mon instructeur, à qui incombait la tâche peu enviable d’apprendre l’art du SUP à une personne bien peu sportive et dépourvue de toute coordination.

Pour être honnête, j’étais un peu inquiet, car mon expérience précédente sur un planche en plein océan avait eu lieu lors d’une leçon de surf qui m’apprit principalement quel était le goût de l’eau de mer. Mais cette fois-ci les conditions de l’océan étaient kanpeki (parfaites) et mon instructeur patient et bienveillant, si bien qu’en un rien de temps je me suis miraculeusement retrouvé debout sur ma planche à pagayer le long du port.

L’homme à l’origine de cette entreprise s’appelle Nakanishi Daisuke, un habitant de Goto originaire de la préfecture de Chiba, près de Tokyo. Lors de sa première visite à Goto, Daisuke est tombé amoureux du lieu et du style de vie de ses habitants. Il démissionna de son travail et débuta cette nouvelle activité pour répondre aux besoins des touristes, sans jamais regarder derrière lui depuis lors. Il aime tant ces îles qu’il est devenu particulièrement actif au sein de la communauté de la ville de Goto.

leçon de stand up paddle dans les île de Goto

Tout en pagayant tranquillement ensemble à travers le port, Daisuke m’expliqua d’où lui venait son attirance pour les îles Goto et la raison pour laquelle il avait choisi de s’y installer. Il croit en la capacité de Goto à subvenir à ses propres besoins. Ces îles ont toujours eu assez de ressources naturelles pour subvenir aux besoins de leurs habitants. Mais il pense que les habitants de Goto sont suffisamment ingénieux pour créer une économie florissante basée sur un tourisme éco-responsable. En repensant aux deux endroits incroyables dans lesquels j’ai passé mes nuits sur l’île, je ne peux qu’être d’accord avec lui.

Glamping sous les étoiles

Bien qu’on trouve de nombreux petits hôtels dans le centre-ville de Goto (et un nouvel hôtel de luxe), cela semble presque être un sacrilège de s’enfermer entre quatre murs de béton lorsqu’on se trouve sur une île où la richesse de la nature et la fraicheur de l’air marin sont à portée de main. Heureusement, quelques jeunes entrepreneurs se sont attelés à la tâche pour créer des hébergements luxueux qui restent profondément ancrés dans la nature.

Kinnagoajiro : quand l’extérieur s’invite à l’intérieur

J’ai passé ma première nuit à Kinnagoajiro, un hébergement d’un type innovant que je n’avais jamais eu l’occasion d’essayer avant. Kinnagoajiro tire son nom des terres sauvages et inexplorées des îles Goto, ce qui donne un aperçu de ce qui se trouve dans le cœur et dans la tête du jeune couple propriétaire de ce lieu. Le bâtiment de Kinnagoajiro est une maison en bois toute en longueur divisée en deux parties. La partie dans laquelle j’ai passé la nuit possédait deux chambres simples, chacune équipée de douches et de toilettes. Entre ces chambres, on retrouve un espace à vivre avec une petite kitchenette équipée d’un four à micro ondes, d’un four grille-pain, d’un petit réfrigérateur, et d’une bouilloire électrique avec laquelle préparer son café. L’innovation vient de la présence, de chaque côté du salon, d’immenses portes vitrées allant du sol au plafond, et qui peuvent être entièrement ouvertes afin de laisser entrer l’air frais et les rayons du soleil. Imaginez vous le wagon de marchandises d’un train, mais en beaucoup plus luxueux, et vous aurez saisi l’idée.

La suite qui se trouve dans l’autre partie du bâtiment bénéficie d’une chambre équipée de deux lits doubles et d’une cuisine un peu plus grande équipée de plaques à induction. La taille idéale pour une excursion en famille, d’autant plus que la proximité du port et du centre-ville rend Kinnagoajiro très facile d’accès.

Les meubles qui équipent les logements sont des meubles de camping, vous pouvez donc les utiliser pour vous installer à l’extérieur et profiter des rayons du soleil. La nuit vous pouvez allumer un feu de camp, y faire griller votre dîner, et observer les étoiles au dessus de vos têtes. Toute l’idée derrière Kinnagoajiro est de pouvoir profiter de la nature sans pour autant sacrifier le confort. Si, comme moi, vous adorez vous trouver à l’extérieur mais que vous préférez ne pas dormir avec une pierre qui vous rentre dans le dos ou des insectes qui s’invitent dans vos draps, vous adorerez Kinnagoajiro. Je me suis endormi bercé par le bruits des crickets et des autres insectes qui peuplent les environs, mais dans un lit confortable et avec une connexion wifi.

Camping dans une tente sous les étoiles à Nordisk Village

La nuit suivante, je suis descendu un petit peu sur la côté pour me rendre à Nordisk Village, fruit d’une collaboration entre des fabricants danois et quelques jeunes entrepreneurs japonais. Nordisk Village est un concept créé par la société Nordisk, qui a mis en place cinq installations de glamping en Italie, en Pologne, en Argentine, et dernièrement ici, à Goto. On y trouve de luxueuses tentes Nordisk érigées sur des plateformes en bois et pouvant héberger entre deux et trois personnes chacune. À l’intérieur, les tentes sont équipées de lits confortables, de chaises et autres petits équipements, et d’une climatisation réversible qui permet de conserver une température confortable dans les tentes quelle que soit la saison.

Nordisk village sur les îles Goto
Nordisk Village

Nordisk Village est équipé de douches et de toilettes communes (séparées par genre), mais tout y est d’une propreté pouvant rivaliser avec hôtel. Une ancienne école qui se trouve sur la propriété a été rénovée et accueille aujourd’hui un restaurant, une cuisine commune, et quelques chambres privées. On y trouve également le bureau de Nordisk Village dans lequel vous pourrez demander des conseils sur ce qu’il y a à faire et à voir sur l’île.

En me réveillant le lendemain, tôt le matin, je suis sorti de ma tente et je suis resté aux abords d’une rizière d’où j’ai pu observer le soleil en train de se lever au-dessus de l’océan et des collines. Passer la nuit dans une tente fut revigorant, si près des éléments tout en étant confortablement blotti sous une couette en duvet et sur un matelas confortable. Goto est un endroit idéal pour faire du glamping, pour se rapprocher de la nature et s’éloigner un peu plus de la ville.

La cuisine saine et locale de Goto

Les îles de Goto sont autosuffisantes en nourriture, grâce à ses mers abondantes et à la richesse du sol volcanique de ses grandes plaines cultivables. L’île élève également bœufs, porcs et poulets, rendant ainsi la cuisine locale d’autant plus variée.

Puisque le camélia, appelé tsubaki au Japon, pousse à l’état sauvage sur les îles Goto, l’huile de camélia est devenue l’un des principaux produits d’exportation de la région. L’huile de camélia regorge d’antioxydants, de vitamines A et B, et aurait des propriétés anti-vieillissement. On retrouve l’huile de camélia aussi bien dans des produits cosmétiques que dans les spécialités culinaires locales.

Graines et fruits de tsubaki (camélia)
Fruits et graines de camélia (tsubaki)

Vous pourrez goûter à de nombreux plats populaires à Tsubaki Chaya. Ce restaurant surplombe les falaises de la plage de Kojushi, vous pourrez y profiter d’une magnifique vue sur l’océan tout en goûtant à la cuisine traditionnelle de Goto qu’on fait griller sur un irori.

Déjeuner à tsubaki chaya, un restaurant sur l'île de Fukue
Tsubaki Chaya surplombe la plage de Kojushi depuis des falaises

Irori est le nom du foyer de braises que l’on utilise à la fois pour cuisiner et pour chauffer les maisons traditionnelles japonaises. À Tsubaki Chaya vous serez assis autour d’un irori qui vous servira à faire griller des spécialités locales. Mon menu était composé d’un poisson volant en plat principal, accompagné d’un assortiment de légumes cultivés sur l’île, de fruits de mer, et d’un kankoro mochi, un mochi parfumé aux patates douces de l’île.

Des nouilles saines et locales à Oddontei

le kankoro mochi est l’une des nombreuses spécialités des îles Goto ; les Goto udon en sont une autre. Pour goûter à ces nouilles atypiques, le mieux est de remonter à la source et d’aller manger à Oddontei, le restaurant rattaché à la fabrique d’udon Nakamoto Seimen.

Si la fabrique d’udon ne se trouvait pas juste à côté, Oddontei pourrait ressembler à n’importe quelle sorte de cantine-restaurant japonaise. Mais Oddontei sert cette spécialité des îles Goto, des nouilles udon plus fines et souples que les udon classiques. Le secret d’un tel résultat se trouve dans la couche d’huile de camélia qui y est appliquée durant leur fabrication, ce qui permet d’étirer les nouilles et de les rendre plus fines sans les briser. L’huile de camélia est aussi sensée ajouter quelques saveurs subtiles à ces nouilles, si subtiles que mes papilles qui manquent d’entraînement n’ont pas réussis à les déceler. Inutile de s’en inquiéter, ce sont les condiments qui donnent sa saveur au plat. Vous pourrez goûter à ces udon préparés en champon, un plat typique de la préfecture de Nagasaki, ou les tremper dans une sauce tsuyu sucré-salée (la saveur sucrée est une des caractéristiques des sauces de Kyushu, car le sucre y était plus répandu grâce à la présence de nombreuses routes commerciales internationales).

Bol de champon aux udon de Goto
Goto udon cuisinés en champon, spécialité de Nagasaki

Sagara : l’un des restaurant les plus populaires auprès des habitants

De retour en ville, Sagara est un restaurant particulièrement populaire qui se trouve dans une rue tranquille du centre-ville. Nous avons mis notre voiture électrique à charger sur une borne près du port et avons marché cinq petites minutes pour arriver au restaurant. Sagara propose des repas à un tarif très accessibles, composés de produits de la région dont du bœuf et du porc de Goto, et bien sûr une grande variété de poissons et de fruits de mer. En entrant, vous découvrirez un restaurant spacieux dans lequel le personnel fait attention à placer les clients en respectant les règles de la distanciation sociale. Olivier et moi avons eu droit à notre propre salle à manger privative, à l’étage, et avons pu nous détendre tout en savourant notre repas composé de tonkatsu (porc pané), d’oroshi hamburg (steak haché parfumé surmonté de daikon râpé), suivi d’un dessert et d’un café. D’accord, prendre un dessert n’était peut-être pas le meilleur choix pour un repas équilibré, mais après tous les repas incroyables que j’avais pris sur les îles Goto je me suis dit que je pouvais faire une exception cette fois-ci.

le restaurant Sagara dans la ville de Goto

Je vais être honnête : trois jours sur les îles Goto, c’est loin d’être suffisant. En fait, nous n’avons jamais quitté l’île de Fukue, alors que de nombreuses îles sont accessibles en ferry. Mais trois jours de grand air, de cuisine saine et délicieuse, et de nuits sous les étoiles m’ont donné un aperçu vivifiant de tout ce que les îles Goto ont à offrir et m’ont donné envie de revenir profiter un peu plus de ce petit coin de paradis de la préfecture de Nagasaki.

Article écrit en partenariat avec la ville de Goto
Traduit de l’anglais par Joachim Ducos

Todd Fong

Todd Fong

Freelance writer, photographer, and mentor. Japan-based, Oaktown (Oakland, California) born. Freelance writing and photography work includes Lonely Planet, Voyapon, Metropolis Japan, and several regional tourism websites around Japan.

www.peraperapera.net/

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