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Cartes postales et céramique : à la rencontre de l’artisanat d’Ojika


Article réalisé en partenariat avec la ville d’Ojika

Une visite à Ojika vous permettra sans nul doute de découvrir la splendeur de la nature présente sur l’île, mais cela ne doit pas vous faire passer à côté du patrimoine culturel de l’île, fruit d’une longue et riche histoire. Le meilleur moyen d’apprécier cet aspect culturel est de vous y essayer, ce qui vous donnera aussi l’occasion de rencontrer des habitants chaleureux et passionnés par leur artisanat. Ainsi, durant mon séjour sur l’île, j’ai eu l’opportunité de tester deux ateliers uniques et inoubliables, non seulement parce qu’ils étaient enrichissants, mais aussi du fait des personnes que j’ai pu côtoyer.

 

Réaliser ses propres cartes postales à l’imprimerie Ojikappan

Nous aimons tous envoyer des cartes postales à nos proches et amis pour leur faire savoir que tout va bien pour nous à l’autre bout du monde. Mais trouver la bonne carte se révèle parfois chose difficile. Sur l’île d’Ojika, j’ai eu la chance de pouvoir créer et imprimer ma propre carte postale à Ojikappan, une imprimerie traditionnelle tenue par une personne fascinante. Ce fut pour moi une manière parfaite d’écrire mes impressions sur les quelques jours passés sur l’île (et bien sûr de l’envoyer à quelqu’un par la suite).

Momoko Yokoyama dans l'imprimerie familiale Ojikappan à Ojika

Bien que l’impression typographique puisse paraître désuète en 2019, Momoko Yokoyama, âgée de 31 ans, continue de faire tourner l’atelier avec son père, en activité depuis quatre générations. L’atelier d’impression Ojikappan est aujourd’hui toujours aussi actif, Momoko m’avouant même qu’ils cherchaient à recruter de nouveaux employés, tant l’activité était importante. Mais Ojikappan reste avant tout une affaire familiale, littéralement intégrée à la maison des Yokoyama, construite il y a plus de 200 ans. En entrant dans l’atelier, je ressentis une certaine nostalgie à la vue des nombreuses planches d’impression s’empilant derrière Momoko. Cette maîtresse dans l’art de l’impression, s’apprêtait à me donner ma première leçon de composition typographique.

Impression typographique réalisée à Ojikappan à Ojika, Nagasaki

Aujourd’hui Ojikappan ne se cantonne pas uniquement à l’impression traditionnelle, mais propose également de la création graphique, bien que la majeur partie de son activité reste concentrée sur les cartes de visite. Vous pourrez trouver un bel exemple de l’expertise graphique d’Ojikappan à travers le logo de TanTan Bakery — une boulangerie située dans le centre-ville d’Ojika — dessiné par Yokoyama san. Bien qu’ayant suivi des études de graphisme à Tokyo, à ses 23 ans, Momoko décida de retourner à Ojika pour continuer à travailler au sein de l’entreprise familiale et y apporter sa sensibilité graphique.

Carte postale imprimée avec des caractères d'impression à Ojikappan

« Admirable » n’est pas le mot que je choisirai pour décrire le design de ma carte postale. Mais je dirai que tout le monde doit commencer quelque part, je crois. Une fois les caractères d’impression assemblés selon mon design douteux, tout était prêt pour le véritable processus d’impression.

Luca imprimant sa carte postale sur la presse de l'imprimerie Ojikappan

La carte postale tout juste imprimée sur la presse d'Ojikappan

J’insérais la composition dans la presse et entrepris de réaliser une bonne impression. Le résultat fut plus que satisfaisant, moyennant une poigne ferme mais délicate sur la presse. Grâce à l’expérience de Momoko Yokoyama et de l’atelier Ojikappan, je pus ainsi apprendre comment réaliser ma propre carte postale.

Site Internet de l’atelier Ojikappan (en japonais) : https://ojikappan.com/

 

Atelier céramique d’Ojika avec Akatsuchi Pottery Experience

L’expérience qui m’attendait ensuite fut celle de l’Akatsuchi Pottery Experience, un atelier de céramique d’Ojika. Le mot « akatsuchi » est formé de deux kanjis (aka = rouge) et (tsuchi = terre). Le nom provient de la couleur de la terre que l’on trouve à Ojika, une terre volcanique. L’argile, utilisée dans le processus de fabrication de la céramique, provient de cette terre rouge présente partout sur l’île. La céramique locale est une production unique, connue sous le nom d’« Ojika Yaki ». Udo san et Ikeda san, deux potières expérimentées, ont relevé le défi de m’enseigner comment réaliser mon propre Okika Yaki.

Udo san et Ikeda san, potières expérimentées d' Ojika

Poteries en train de sécher dans l'ancienne école maternelle devenue atelier de céramique à Ojika

Leur atelier, situé dans une ancienne école maternelle, contient une collection de poteries artisanales réalisées avec art. Et c’est du haut de leurs dizaines d’années d’expérience que mes deux professeures s’engagèrent à m’enseigner l’art de la poterie.

Akatsuchi Pottery Experience : tasse d'argile rouge en cours de réalisation

Luca et Mme Udo posent avec les poteries réalisées pendant l'atelier Akatsuchi Pottery Experience à Ojika

Avant que Mme Udo ne m’explique comment manipuler l’argile, je devais décider quel produit final je souhaitais obtenir. Je me décidais sur ce qui serait le plus utile dans ma cuisine : une grande tasse à café et un saladier abstrait. J’ai ensuite enfin pu manipuler l’argile et la travailler de mes mains. La texture, le poids, tout semblait fonctionner. Je voulais que cette tasse et ce saladier me conviennent et, à ma grande surprise, je fus assez satisfait du résultat. Même Mme Udo fut impressionnée par mes deux réalisations. Grâce à ses conseils avisés et chaleureux, le temps passé à travailler l’argile fut extrêmement captivant et tout s’est bien déroulé.

Mme Udo, qui anime l'atelier d'Akatsuchi Pottery Experience à Ojika, Ngasaki

Si vous comptez visiter Ojika, je recommande absolument ces deux expériences, peu importe votre âge. Vous pourrez passer un agréable moment avec les habitants tout en découvrant leur artisanat. Alors allez-y, créez et imprimez vos propres cartes postales, ayez de l’argile jusque sous les ongles, et emportez chez vous ces souvenirs tout en soutenant l’artisanat local.

Plus d’informations sur Akatsuchi Pottery Experience (en japonais) : http://ojikajima.jp/travel/taiken/3954.html

 

Se rendre sur l’île d’Ojika

Beaucoup de voyageurs peuvent s’inquiéter de l’accessibilité d’une île comme Ojika, assez éloignée des côtes de Kyushu. Cependant, malgré un trajet de 4 heures en ferry, Ojika est en réalité plus simple à rejoindre que d’autres destinations dans les terres.

Le terminal de ferry à Hakata, Fukuoka

L'intérieur du terminal, avec le guichet pour acheter les tickets de ferry pour Ojika

Le trajet que j’ai pris, depuis le port d’Hakata à Fukuoka, fut assez facile. Tout d’abord, allez jusqu’au port d’Hakata en bus ou par un autre moyen de transport, puis dirigez-vous vers le guichet, présenté sur la seconde image. Une fois votre billet pour Ojika acheté, le ferry n’est pas très loin. Le terminal n’a que deux entrées, celle de gauche est la porte d’entrée pour le ferry Taiko, à destination d’Ojika. Soyez-y à l’heure et tout se passera pour le mieux !

Le ferry, prêt à partir de Fukuoka en direction d'Ojika

Couloir luxueux à l'intérieur du ferry : moquette et décoration soignée

Salle de repos dans le ferry en partance pour Ojika

À bord du ferry, vous vous rendrez vite compte que vous êtes dans un ferry de luxe. Durant les 4 heures de traversée, le Taiko vous offre tout les services dont vous auriez besoin pour vous faire passer le temps. Un pont d’observation, de larges salles de repos ou encore des cabines privatives (en supplément), les 4 heures passent très vite.

Site de la ligne de ferry Taiko Ferry : www.nomo.co.jp/en/guide.html

 

 

Article original écrit par Luca Desner
Traduction par Aimée Moribayashi

 

    
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