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Ako (赤穂市) est une petite ville côtière de la préfecture de Hyogo le long de la magnifique mer intérieure de Seto. Située entre Osaka et Hiroshima c’est la destination idéale pour une excursion de quelques jours en dehors des sentiers battus. Bien que la plupart des voyageurs venus visiter le Japon ne connaissent pas Ako, cette ville a beaucoup à offrir. Vous pourrez y savourer fruits de mer et poisson frais, profiter de ses sources chaudes relaxantes, faire des randonnées en montagne avec de fantastiques vues, ou tout simplement vous promener et explorer cette ville portuaire japonaise pleine de charme.

À la découverte de Misaki Onsen

Depuis la gare de Banshu Ako (播州赤穂駅), il faut environ 25 minutes en bus ou 15 minutes en taxi pour arriver à Misaki, le quartier des onsen de la ville. Près de l’arrêt de bus de Misaki se trouve le sanctuaire d’Iwatsuhime (伊和都比売神社). Ce sanctuaire attire les jeunes couples qui viennent ici pour profiter d’une magnifique vue panoramique sur la mer intérieure de Seto et acheter un porte-bonheur pour leur porter chance dans leur relation et prier les dieux shinto pour assurer avenir radieux à leur couple.

Misaki Onsen

L’histoire de ce sanctuaire, qui existait depuis l’époque Heian (794-1185) et qui a été déplacé en 1683, est cependant moins romantique. Pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905), l’amiral de la marine impériale vint ici prier avant la bataille pour s’en assurer la victoire. Par la suite, les officiers de haut rang de la marine ont prirent l’habitude de venir prier dans ce sanctuaire. De nos jours, les forces navales japonaises ne sont plus aussi proches, mais le sanctuaire d’Iwatsuhime demeure un endroit populaire où l’on vient prier pour la sécurité en mer.

Sanctuaire Iwatsuhime (伊和都比売神社)

Depuis le sanctuaire, je suis descendu par Kirakira Zaka (キラキラ坂), « la pente scintillante », pour atteindre la côte. Le nom de cette petite rue pittoresque vient probablement de l’atelier de verre qui vend des bijoux et autres objets d’artisanat étincelants.

Kirakira Zaka (キラキラ坂), petite ruelle rejoignant la côte

J’ai suivi le chemin le long de la côte rocailleuse. L’atmosphère de la région est presque méditerranéenne, différente de celle des nombreuses villes portuaires japonaises où que j’avais visité auparavant. C’était une promenade très agréable. En passant devant la plage de Fukuura, j’ai aperçu des milans noirs voler majestueusement dans les airs.

la plage Fukuura
la vue de l'océan depuis la plage Fukuura fait rêver

Fleurs de prunier à l’observatoire Higashi Misaki

Le chemin m’a mené à Otsuka Kaigan (大塚海岸). Derrière la maison qui se trouve sur la plage, vous trouverez un sentier menant à l’observatoire Higashi Misaki (Higashi Misaki Observatory Square). Si vous visitez Ako au printemps, vous devriez venir ici sans hésiter, car ses 1700 cerisiers en font l’un des meilleurs endroits pour profiter du hanami ou « observation des cerisiers en fleurs ». Les fleurs rose pâle des cerisier se détachent sur la mer de Seto bleue foncée, offrant un spectacle absolument époustouflant. Lors de ma visite, fin février, je n’ai malheureusement pas eu la chance de pouvoir profiter des cerisiers en fleurs, mais je suis arrivé juste à temps pour voir les premières fleurs de prunier de la saison.

l'observatoire Higashi Misaki
Fleurs de prunier sur la place de l’observatoire Higashi Misaki.

Les onsen hors du commun de Ginpaso

J’ai passé ma première nuit à Ginpaso (銀波荘), une auberge traditionnelle japonaise située juste à côté du sanctuaire d’Iwatsuhime. Elle se distingue grâce à ses bains d’eau thermale en plein air et leur vue imprenable sur la mer juste en face. Le bain Tenkai no Yu est conçu comme une piscine à débordement : l’eau coule de l’un des rebords du bain, donnant comme l’illusion qu’il n’existe a pas de barrière entre le bain et la mer. Ceux qui souhaitent profiter de cette expérience unique dans un cadre plus privé peuvent réserver la chambre Tenku au 6e étage, qui est la seule chambre équipée d’un bain privé en plein air.

la chambre Tenku de Ginpaso
La chambre Tenku de Ginpaso dispose d’un bain privé en plein air.

Cuisine traditionnelle kaiseki et huîtres à Ginpaso

Les poissons et fruits de mer frais servis au dîner sont un autres des points forts de Ginpaso. Si vous n’avez jamais eu la chance de savourer les nombreux plats d’un dîner kaiseki au Japon, vous serez émerveillé par l’attention que les chefs portent au moindre détail à chaque plat dans un soucis de perfection. La mer intérieure de Seto est une région du Japon particulièrement célèbre pour son ostréiculture en raison de ses eaux riches parcourues d’un léger courant et de son climat relativement doux. L’hiver étant la meilleure saison pour les huîtres, elles occupaient une place de choix dans le dîner. Les huîtres étaient servies frites, cuites à la vapeur dans leur coquille et bouillies dans une marmite directement à ma table. Des sashimi de divers poissons, des tempura de légumes, de la limande mijotée, du riz assaisonné et de la soupe miso rouge faisaient également partie du repas. Et pour finir le dîner en beauté, j’eus droit à un pudding au thé vert accompagné d’une gelée d’agrumes.

festin d'huitres à Ginpaso

Randonnée au Japon et rencontre avec les statues Jizo du Mont Chausuyama

Les amateurs d’activités en plein air qui veulent aller au contact de la nature peuvent profiter de la beauté de la région en partant en randonnée. Le Japon étant un pays très montagneux, y faire de la randonnée consiste généralement à gravir et descendre une montagne. Lors de mon deuxième jour à Ako, j’ai pris un train pour me rendre à la gare de Sakoshi (坂越駅), à un arrêt de la gare de Banshu Ako. Je souhaitais aller jusqu’au sanctuaire d’Osake (大避神社) au pied du Mont Chausuyama (茶臼山). Comme le sanctuaire d’Osake n’est pas si proche de la gare de Sakoshi, j’ai loué un vélo. C’est dont en pédalant que je suis passé devant les bâtiments traditionnels japonais de Machinami, jusqu’à ce que j’arrive au port. De là, je n’étais plus très loin du sanctuaire d’Osake. Le sanctuaire est dédié à Hata Kawakatsu, un personnage important des VIe et VIIe siècles qui fut déifié après sa mort. Sa tombe est aujourd’hui toujours située sur l’île d’Ikushima dans la baie de Sakoshi.

le sanctuaire Osake

J’ai traversé la porte principale du sanctuaire gardée par deux divinités shinto placées de chaque côté. Fait intéressant : j’ai aperçu deux Kongo Rikishi (金剛力士) à l’arrière de la porte, des divinités protectrices que l’on trouve d’ordinaire à l’entrée des temples bouddhistes. Il s’agit là d’un vestige de l’époque où le bouddhisme et le shintoïsme se mêlaient pour former une seule vision religieuse du monde plutôt que de deux religions distinctes, avant que le gouvernement Meiji n’ordonne leur séparation durant la seconde moitié du XIXe siècle afin de concevoir sa propre idéologie étatique basée sur le shintoïsme.

Kongo Rikishi au sanctuaire Osake
Kongo Rikishi à l’arrière de la porte du sanctuaire d’Osake.

La salle principale du sanctuaire d’Osake fut reconstruite en 1769. Je me suis assis un moment pour admirer les grandes plaques votives suspendues au plafond des salles Emado, des deux côtés de la salle principale. Ces images d’animaux mystiques, de spectacles de danse et de navires sont présentés à la divinité shinto afin d’amener bonne fortune au sanctuaire.

hall principal du sanctuaire Osake

Je suis retourné à l’entrée du sanctuaire et j’ai commencé à suivre la route menant à la montagne. Après avoir parcouru environ un quart du chemin, je suis arrivé au temple de Myokenji (妙見寺). Le Kannondo Hall de ce temple, construit en 1772, fut utilisé comme décors lors du tournage d’une série télévisée en 1999 sur les 47 Ronin en raison des magnifiques vues qu’il offre sur la baie de Sakoshi.

Vue depuis le temple Myokenji

Depuis le temple, vous aurez alors le choix entre poursuivre la route jusqu’au sommet ou, si vous êtes d’humeur pour un peu plus d’aventures, suivre le sentier de Sekibutsu Junrei (石仏巡礼コース). Ce sentier est en fait un mini-pèlerinage qui vous fait passer devant un certain nombre de statues en pierre Jizo. Lorsque vous vous promenez dans la campagne japonaise, il est assez courant de trouver des statues de cette divinité bouddhiste le long des chemins car les Jizo sont les protecteur des voyageurs. Certaines parties du sentier, très étroites, passent à travers une végétation de montagne relativement dense, je vous recommande donc vivement d’apporter des chaussures adaptées pour marcher en toute sécurité sur ces chemins rocailleux. Je n’ai rencontré personne d’autre sur mon chemin que de jolis petits oiseaux, et une fois arrivé en haut de la montagne via ce petit chemin isolé, j’ai trouvé que les efforts dépensés pour avancer sur ce chemin quelque peu difficile avaient été largement récompensés.

un nouvel ami le long du chemin de randonnée Sekibutsu Junrei
Sur le chemin, je me suis fait un nouvel ami.

Quand j’ai finalement atteint le sommet du Mont Chausuyama, j’eus le bonheur de pouvoir admirer une vue splendide sur la baie de Sakoshi, l’île d’Ikushima et les cages d’huîtres que l’on apercevait au loin.

magnifique vue de la baie depuis le Mont Chausuyama

Art moderne et paysages de bord de mer à Imaiso

Cette nuit-là, j’ai séjourné à Imaiso (今井荘), situé à côté de la plage de Fukuura dans le quartier de Misaki Onsen. Ses grandes chambres sont aménagées avec élégance donnant une impression de loft moderne. De grandes fenêtres offrent d’incroyables vues sur la mer. La salle de bain donne sur ces grandes fenêtres, si bien que l’on peut tranquillement admirer la mer tout en prenant un bain. Petit détail fort agréable : la clef des chambres était orné d’un pendentif d’Amabie, créature protectrice mi-humaine mi-poisson datant du XIXe siècle, ce qui semblait très approprié dans le contexte actuel.

vue de la mer en face d'Imaiso
La plage devant Imaiso
retraite paisible à Imaiso

Le dîner et le petit-déjeuner sont servis dans le café-maison de plage au premier étage. Le café est décoré de peintures de l’artiste d’Okinawa Umehara Ryu, qui s’est rendu ici en personne pour peindre directement sur l’un des murs. Chaque année, autour de septembre, ce mur est repeint en blanc et Umehara revient pour créer une nouvelle œuvre d’art.

salon commun au premier étage d'Imaiso

Le dîner faisait la part belle aux fruits de mer frais de la mer intérieure de Seto. Divers sashimis de poisson, huîtres cuites à la vapeur, sébaste mijoté et la marmite aux fruits de mer : tout était délicieux. Mais j’ai particulièrement aimé le cheesecake servi en dessert. Cette douceur crémeuse préparée par la propriétaire elle-même était probablement l’un des meilleurs cheesecakes que j’aie jamais mangés au Japon.

Si le temps le permet et que vous pouvez vous réveiller suffisamment tôt, vous pourrez admirer le lever du soleil depuis votre chambre sans même avoir à quitter votre lit. Avant de partir, je suis descendu prendre le petit déjeuner et boire une tasse de café tout en profitant du spectacle offert par la mer au petit matin.

petit déjeuner à Imaiso

Otakadaiyama, une courte randonnée parcourant de magnifiques paysages

Si vous envie de marcher jusqu’au sommet d’une montagne mais que vous n’avez pas beaucoup de temps, au lieu d’aller jusqu’au Mont Chausuyama, vous pouvez également gravir le Mont Otakadaiyama (雄鷹台山), situé au nord-est de la gare de Banshu Ako. Depuis la sortie nord de la gare, vous n’êtes qu’à quelques pas du début du du sentier de randonnée. Il faut moins d’une heure pour atteindre le sommet de la montagne à 253 mètres d’altitude, mais certaines parties du sentier sont assez raides, en particulier les escaliers en début de parcours. J’ai gravi le Mont Otakadaiyama un samedi matin, sous un agréable ciel dégagé et ensoleillé. Sur le chemin, j’ai rencontré bon nombre de randonneurs, généralement plutôt âgés, qui me lançaient de joyeux « ohayo gozaimasu ! » ou « otsukaresama desu ! ». Lors de mes précédentes randonnées au Japon, j’ai remarqué que même lors une courte montée comme celle-ci, les Japonais aiment être parfaitement équipés avec des vêtements d’extérieur, des bâtons et des chaussures de randonnée appropriées. Personnellement je n’avais que de vieilles baskets et elles allaient devoir suffire, mais ce ne fut pas un problème car la randonnée n’était pas très difficile.

Au sommet de la montagne, vous pourrez profiter d’une vue panoramique sur toute la ville. Je pouvais apercevoir tous les endroits que j’avais visités auparavant : Misaki, l’Ako Seaside Park, le centre-ville… J’avais une vue imprenable sur la mer intérieure de Seto et l’île de Shodoshima, mais par temps clair vous pourrez même apercevoir la ville de Tokushima sur l’île de Shikoku de l’autre côté de la mer.

vue depuis Otakadaiyama

Cuisine japonaise gastronomique à Ako

Au Japon, certains restaurants peuvent sembler anodins à première vue, mais servir des plats tout simplement extraordinaires. C’est le cas du restaurant Kuishinbo. Créé il y a environ 50 ans, il est aujourd’hui tenu par la deuxième génération la famille. Les plats du restaurant sont préparés à base de poisson et fruits de mer de la mer intérieure de Seto et de légumes de la région, soigneusement sélectionnés par le chef, qui sait parfaitement quels sont les meilleurs produits de la région en fonction des saisons. Par conséquent, le meilleur choix que l’on puisse faire pour déguster un dîner à Kuishinbo est de commander la formule « omakase », ce qui signifie que vous laissez le chef décider des divers plats qui vous seront servis pour le dîner.

Restaurant Kuishinbo à Ako

Faire honneur à la complexité et à la finesse de chaque plat prendrait toute la longueur de cet article, mais pour vous donner une idée, j’aimerais décrire le premier plat plus en détail. La première assiette que était un assortiment de différentes entrées : un morceau de carotte cuite, taillé en forme de fleur et mariné à l’orange, lui donnant une saveur douce et fruitée. Une coquille Saint-Jacques avec une touche de pâte de miso. Une omelette très fine assemblée avec une tranche de jambon cru pour former un mini-rouleau savoureux. Du poisson blanc, frit avec une croûte de jaune d’œuf, puis coupé en fines tranches et garni d’œufs de saumon. Du fromage frais mélangé au miso. Une petite salade aux feuilles de chrysanthème, champignons et tofu frit, assaisonnée d’une fine vinaigrette japonaise. Le tout, servi dans un bol simple mais élégant, décoré de feuilles reflétant la saison.

délice Kaiseki au restaurant Kuishinbo à Ako
Le premier plat était déjà un moment fort.

Par la suite, les plats qui me furent servis comprenaient du sashimi, du maquereau frit, un bouillon léger aux légumes, aux palourdes et au tofu aux prunes, du congre cuit avec une sauce shiso, différentes variétés de tempura et enfin une soupe miso. Le dessert était un excellent petit pudding au chocolat, qui pourrait donner l’impression de dénoter dans un repas de cuisine japonaise si nous n’étions pas en février : il est en effet courant pour les femmes japonaises d’offrir du chocolat aux hommes le jour de la Saint-Valentin.

Comment se rendre à Ako

Ako est facilement accessible depuis la gare de Himeji (姫路駅), l’un des principaux arrêts du Tokaido Sanyo Shinkansen. Depuis la gare de Himeji, il faut environ 30 minutes pour se rendre à la gare de Banshu Ako (播州赤穂駅), terminus du train sur la ligne principale Sanyo (590 yens)

Comment se rendre à Imaiso

Depuis la gare de Himeji, prenez la ligne JR Ako jusqu’à la gare de Banshu Ako (environ 30 minutes). Depuis la gare de Banshu Ako, prenez un bus à destination du centre de loisirs, descendez à Nishiyama-cho (environ 20 minutes) et marchez pendant 5 minutes.

Que vous recherchiez une destination hors des sentiers battus, que vous soyez amateur de poisson et de fruits de mer, ou que vous souhaitiez simplement passer un moment de détente à faire de la randonnée dans les montagnes ou à vous promener le long de la côte, Ako est un la destination idéale pour tous ceux qui désirent explorer des coins plus méconnus du Japon. Découvrez les charmes d’une ville côtière authentique et ses habitants sympathiques.

Article écrit en partenariat avec la ville d’Ako
Traduit de l’anglais par Manon

Thomas Siebert

Thomas Siebert

The first time I stepped into a martial arts hall, I surely didn’t know that this would lead me to study Japanology and Buddhist Studies. In 2015, I moved from my hometown in Germany to Kyoto to deepen my studies of Buddhism and share my love for Japan with others. Currently, I live in Tokyo, where I continue to follow my passion for traditional Japanese culture.

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